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La béatification de Charles Ier, le 3 octobre 2004, ne doit rien au hasard, pas plus que son surnom d’ « empereur de la paix ». Tenter d’enrayer la folie guerrière qui caractérisa le début du tumultueux XXe siècle fut le combat majeur de son existence, un combat qu’il mena au nom de sa foi catholique et de ses convictions profondément humanistes. Dès son plus jeune âge, le jeune homme se distingua par sa compassion et l’amour qu’il portait à ses pairs comme aux plus modestes. Une fois monté sur le trône de l’empire austro-hongrois, en pleine tourmente de la Première Guerre Mondiale, il fait figure d’exception, peut-être parce qu’il fait partie des rares dirigeants à avoir vu l’horreur des tranchées de ses propres yeux. Il refusa ainsi d’appliquer la peine de mort ou d’utiliser le gaz moutarde, cherchant sans relâche un moyen diplomatique de mettre fin à cette boucherie « dont aucun homme ne pourra répondre devant Dieu ». Autant de traits d’humanisme qui l’isolèrent des plus belliqueux de ses alliés, jusqu’à lui en coûter sa couronne. Mais, même destitué et trahi, il ne cessa pas un seul jour de croire en son prochain. Exilé et ruiné, il continua du mieux possible d’œuvrer pour la paix. Et c’est sans aucun regret ni animosité qu’il succomba à une pneumonie, le 1er avril 1922.