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La bataille de Charleroi n’est ni Verdun, ni la Somme. Presque occultés par la longue guerre des tranchées qui s’en suivit, ces trois premiers jours de combat sont pourtant les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale pour l’armée française. Opposant la 5e armée du général Lanzerac à la 1re, IIe et IIIe armées allemandes entre Sambre et Meuse, Charleroi ouvre la voie à l’invasion du Nord de la France. En ce vendredi 21 août 1914, sous une chaleur écrasante, des milliers de soldats tout juste mobilisés et engoncés dans leurs pantalons garance vivent là leur baptême du feu. Sous la puissance de feu inédite de l’artillerie allemande, l’armée française vit les heures les plus meurtrières de son histoire – près de 7 000 soldats français sont tués le 22 août à Charleroi, presque 40 000 entre le 21 et le 23 août sur l’ensemble du front. La violence des combats n’épargne pas non plus les civils. Pour la première fois, les combats s’engagent dans les rues, les maisons, les usines. Désorganisée, l’armée française recule à l’intérieur de ses frontières. Ni prévue, ni anticipée, la bataille signe l’échec du plan stratégique, tourné vers l’offensive, conçu par des généraux, dont les postures sont héritées du XIXe siècle, quand Charleroi est « la première bataille du XXe ». Cette crise du commandement trouve son épilogue dans le renouvellement massif des chefs menés par Joffre début septembre.