La pensée de Chaïm Perelman
a profondément marqué la
théorie du droit du XXe siècle.
S'opposant au positivisme
juridique, c'est-à-dire aux
théories qui réduisent le droit à
la loi, l'essentiel de son apport
réside dans une théorie de
l'argumentation qui rebat les
cartes de la logique juridique,
en mettant l'accent sur la
manière de raisonner, et plus
profondément de discuter.
La vérité n'est plus chez
Perelman une notion centrale.
Elle est remplacée par l'idée
d'adhésion, qui permet de
rendre compte du caractère
progressif de l'assentiment. Loin
d'une description désincarnée
et décontextualisée, Perelman
intègre une série de paramètres :
qui parle, à qui, où, quand, dans
quelle situation... Les arguments
ne sont ainsi jamais totalement
contraignants : c'est toujours le
contexte qui conditionne leur
acceptabilité. Un procédé
comme la présomption
d'innocence peut être compris,
non comme une valeur
fondamentale, mais comme
un simple outil destiné à
compenser l'absence de
connaissance.
Le droit apparaît ainsi comme
un art de gérer les controverses.
Cette vision s'inscrit dans une
«philosophie du raisonnable»
où la valeur d'une idée
se mesure à sa capacité
d'emporter l'accord des
participants à la controverse
qui naît de son introduction. Le
domaine de l'argumentation est
«celui du vraisemblable, du
plausible, du probable, dans la
mesure où ce dernier échappe
aux certitudes du calcul».
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