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Bel-Air, ironie du titre, c'est le nom d'une de ces banlieues où la misère serait presque un euphémisme. La narratrice, une infirmière à domicile, côtoie chaque jour les souffrances, la douleur grande ou petite de ceux qu'elle appelle ses clients et auxquels elle tente d'apporter l'apaisement d'une parole tendre en même temps qu'elle fait une piqûre ou rafistole un pansement. Elle est la panseuse de tous ces laissés-pour-compte et elle s'attache autant aux plaies de l'âme qu'à celles du corps. Au bord de basculer dans leur désespoir, elle s'illusionne peu sur l'efficacité de ce qu'elle accomplit. Le dérisoire est son lot, mais elle s'y résigne avec une lucidité qui elle, touche à l'essentiel. Tous ces êtres qui souffrent, elle les a vus nus, elle connaît toutes leurs plaies, même les plus secrètes. Ils sont habitués à elle, alors ils ne lui font grâce de rien, ils lui montrent tout.