Si cette fresque historique racontée avec forces détails a été bâtie à partir d'un
nombre considérable de documents d'archives du Pays chartrain, elle a ceci de particulier
d'avoir été vécue de manière identique par les habitants tout au long de la
vallée de l'Eure, du côté de Maintenon, de Nogent-le Roi, de Dreux et d'Anet, de la
vallée de la Voise, près d'Auneau, de Gallardon et vers Épernon, de la vallée du Loir
dans les terroirs de Bonneval, de Châteaudun et de Cloyes, de même que dans les petits
vignobles de la Beauce, aux environs de Voves, d'Orgères et de Janville, et au pied
de la «montagne» de Fontaine-la Guyon et de St-Aubin des Bois.
De juin à novembre
Se succédaient dans le vignoble, l'accolement des sarments sur les charniers,
la floraison des vignes, la formation des grappes de raisin et, en septembre ou octobre,
les vendanges. (125 pages sont consacrées aux vendanges et à leur réglementation.)
Ensuite, dans les solles et les cuveries, régnait une intense activité lors du foulage
des raisins dans les cuves, suivi du décuvage, de l'entonnage du vin et du pressurage,
sur la maie des gigantesques pressoirs, de l'esne sortie des cuves.
Dans les celliers ou les caves, suivait l'élaboration des vins dans les fûts. Enfin,
après la St-Martin d'hiver, on goûtait les vins.
La qualité des vins
Les vins clairets qui n'avaient cuvé qu'un jour ou deux se conservaient mieux
que les vins vermeils produits en plus petite quantité. Le vin qui titrait environ 8° d'alcool
était bon en moyenne une année sur deux, et médiocre ou mauvais, les autres années.
La qualité se dégrada sérieusement après l'arrivée du Phylloxéra à partir de
1898 à Chartres. Les cépages de qualité, le Morillon et le Meunier, furent remplacés
par des plants venus d'Amérique qui furent bien décevants, «le meilleur cépage américain
n'ayant jamais égalé le plus mauvais cépage français».
Les personnages que l'on croise au fil des pages
En première ligne, il y avait les vignerons tels qu'on les voit au travail au pied
des buttes dans les vignes aménagées en terrasses (pratique presque unique en France)
sur la superbe aquarelle de Serge Mogère, pages 56 et 57, ainsi qu'à d'autres pages
sur des photos des vitraux de la cathédrale et de l'église St-Pierre de Chartres.
Les personnes qui intervenaient dans leur vie étaient nombreuses, c'étaient
les tonneliers, les «sangliers», les charpentiers, les portefaix, les camionneurs, les
avaleurs, les vendangeurs qui arrivaient par milliers le jour de l'ouverture des vendanges,
les cuisinières qui préparaient les repas de midi des vendangeurs, le fermier
du terceau, les gagers, les juges, les échevins, les baillis, les seigneurs, etc.
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