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Coédition avec les Éditions du Noroît / Montréal / Québec Illustration de couverture : Stéphanie Béliveau
Extrait de l’avant-propos de l’auteur
Au départ, dans ma courte tête, je voyais un titre tout simple : La Mour / L’Amort (2). Depuis des dizaines d’années, au fait, je place des mots sur des feuilles non lignées puis je les déplace puis je les replace pour me donner un sens qui a du bon sens. Mais les mots, eux, ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont la couenne dure. Dans ce livre-ci, je cherche plus à savoir si j’ai encore du cœur — du coeurps, diront certains —, sachant que mon logiciel de base, inscrit sur un disque dur de peu de gigaoctets, fonctionne depuis un système sensible à l’amour, à la mort. Autrement dit, j’aimerais simplement que les mots me prennent dans leurs lettres, me calment un brin les nerfs. Que les mots me fassent un peu plus de place dans leur vie.
Il est vrai que, quand on écrit un livre, il se produit un phénomène étrange : on dirait que nous sommes menés par une autre entité. Et par le bout du nez. Non, ce n’est pas un fantôme, ni un psychotique, ni un maître chanteur, ni un harceleur. Non. Une autre personne s’interpose, on dirait. Plus un foyer dans sa tête, moins préoccupée par la chair, les allergies, l’usure, l’asthme, l’arthrite, l’eczéma… De là donc, le titre : Au réveil, ce matin, j’avais perdu la vie. À la satisfaction, dois-je dire, de l’éditeur qui n’était pas chaud à l’idée de reprendre un ancien titre (suite et fin).
Quatrième de couverture : Quand les mots dans mes mots n’auront plus de sens, quand mes yeux ne verront pas plus loin que le bout de mon nez, quand tes yeux dans mes yeux ne laisseront plus d’empreintes, quand, toi, tu sauras où je ne suis plus, bref, quand ma mémoire aura perdu ma trace, embrasse-moi dans le cou, je saurai que c’est toi.