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Construction hétéroclite et « merveille », le Mont dresse sa masse magnifique au-dessus d’une baie immense ; les auteurs nous montrent le mythe et la beauté du mariage des pierres et du sable, le miracle de la ténacité qui a permit l’érection de cette montagne.
On s’est longtemps demandé si, vers les sixième et septième siècles, les monts Tombe et Tombelaine se trouvaient au cœur d’une forêt, dite forêt de Scissy, qu’un raz-de-marée aurait engloutie par la suite, ou s’il s’agissait déjà d’îlots ponctuant la Baie comme on le pense aujourd’hui, la forêt renvoyée aux légendes. En tout cas, sur ces monticules arides, isolés et déserts, on est porté à croire que, comme à l’origine de la création, seul planait d’abord l’esprit de Dieu, jusqu’à ce que, vers l’an 600 - pourquoi telle année ou tel siècle plutôt que d’autres, au cours du temps ? - quelques ermites vinssent trouver dans ce bout-du-monde de quoi répondre à leur besoin d’absolu, lointains successeurs des cultes druidiques, et qui y sacrifiaient peut-être encore. Et c’est ainsi que le mont Tombe s’éveilla à la vie des hommes. Et qu’à l’immobilité, succédèrent les premiers mouvements.
Puis un manuscrit du neuvième siècle nous apprend qu’en l’an 708 (certains précisent même : le 16 octobre) Aubert, évêque d’Avranches, rêva. Il connaissait nécessairement ces lieux, puisqu’ils appartenaient à son diocèse, et peut-être allait-il, de temps en temps, chercher auprès des saints ermites quelque réconfort s’il souffrait, s’il connaissait des tourments, quelque lumière, s’il se trouvait l’âme obscure, quelques témoignages de foi, si le doute l’avait pris. Or on ne peut, me semble-t-il, fréquenter de tels lieux et les étranges solitaires qui les habitent, et s’y mettre soi-même à l’épreuve, fût-ce de manière occasionnelle, sans qu’ils s’incrustent en vous, qu’ils vous pénètrent, et qu’ils finissent par se faire l’image, le reflet à la fois de vos peurs et de vos espoirs.
Il rêvait donc. Comment ne pas rêver, en effet, lorsque l’on est de plus en plus attiré par la rigueur de ces lieux sauvages ? Il rêvait. Qu’attendait-il ? L’homme se rêve. Et, rêvant, se transforme. Au long du temps, ses rêves le façonnent. Quels rêves allaient-ils donc le façonner ? Quelles figures, quelles visions allaient-elles surgir de la nuit ? Quelles angoisses allait-il endurer ? Quelles peurs allait-il devoir vaincre ? On n’est jamais le maître de ce qui vous parcourt, de jour comme de nuit. Certains de ses rêves devaient donc l’inquiéter, certains autres le rassurer, les uns et les autres peut-être se contredire. Et parce que ces différentes tensions trouvaient en lui un terrain favorable, il subissait, il espérait, il craignait, il attendait, tiraillé entre ces forces antagonistes, comme s’il avait été l’enjeu de quelque combat céleste.