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[...] « Elle paraît, et elle paraît seule. Absolument seule, absolue, déliée de tout. Seulement visible. Visible mais sans témoin, sauf l’œil qui ne dit pas “je”, le tiers exclu entre elle et moi. Que je devine. Elle reste seule avec moi, qui suis seul à la regarder seule exposée dans une lumière ou devant un œil invisible. Que je devienne. Car je deviendrais ainsi. Pas un seul vivant visible dans l’espace autour d’elle, mais elle est seule avec la visibilité invisible, seule avec un désir de lumière, seule avec l’amour de la photographie qui, au lieu de fondre, au lieu de fondre sur elle, sur elle vient poindre. Poindre. Je ne sais plus si l’usage trop insistant que je fais de ce mot, tel qu’il s’impose à moi, et seulement depuis Light of the dark, s’accorde ou non avec celui de Barthes dans La chambre claire. Je ne le crois pas mais peu importe pour l’instant. Je le trouve approprié à la singularité esseulée d’Aletheia, à sa solitude insoutenable pour nous, au souffle retenu de toutes les imminences que je disais tout à l’heure mais à un souffle que je sens à même ses seins et à même ce qui point en eux. La pointe des seins dicte chacun de ces mots, elle met les mots à la bouche et donne la raison de cet espace, elle donne raison à l’espace de ce regard qu’elle invite à la caresse, mais aussi au baiser – de l’amant, du nouveau-né, de la mort. » [...]