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« Pourquoi cet enfant n’a-t-il pas laissé de forme concrète de son image ? Je ne voyais absolument aucune réponse à cela. Et pourtant j’avais conservé la sensation nette de sa présence. C’est finalement le rêve qui est mon recours. En rêve, je peux me le représenter aussi souvent que je veux et je le vois grandir avec le temps. En rêve, je peux retrouver le contact de sa peau, entendre sa voix, être convaincue par sa réapparition. Même après mon réveil, je continue à croire à sa proximité physique. Mais ça ne me permet pas d’oublier pour autant le manque que j’éprouve. J’ai beau multiplier les expériences de rêves, je ne peux pas augmenter le nombre des photos en ma possession. » Les « rêves » évoquent tous la mort du fils de l'auteur, mais aussi des liaisons sentimentales difficiles, des visions, des souvenirs plus lointains. Jouant sur toute la gamme narrative et réflexive qu’offre la vie rêvée, Yûko Tsushima approfondit la connaissance de soi et n’abandonne jamais pour autant le lecteur. La fille d'Osamu Dazai est née en 1947. Elle a un an quand son père se donne la mort. C’est autour d'événements intimes que Yûko Tsushima a construit son oeuvre : Poursuivie par la lumière de la nuit, L'Enfant de la fortune, Territoire de la lumière, Les Marchands silencieux, Au bord du fleuve de feu (Éditions des Femmes), La femme qui court dans la montagne (Albin Michel), Vous rêves nombreux, toi la lumière (Picquier), Ô vent, ô vent qui parcours le ciel (Seuil, 2007). Traduit du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccatty.