Depuis les années 1950, de multiples acteurs politiques, associatifs, universitaires ou médiatiques ont décrit les " déficits " qui pèsent sur l'articulation de l'État social à la citoyenneté sociale. L'État peine notamment à compenser les inégalités structurelles qui tiennent aux écarts de revenu et patrimoine, aux disparités entre les sexes, au handicap, au cadre de vie, aux parcours de migration ou encore aux inégalités scolaires. Pour comprendre les ressorts de la protection sociale face aux inégalités sociales, cet ouvrage s'intéresse à trois cadrages de l'action publique qui jouent un rôle-clé pour penser l'intégration sociale : l'accès aux droits, le non-recours aux droits et les discriminations.
Au-delà de dynamiques objectives, les inégalités sont l'objet de constructions sociales et de logiques de politisation. D'abord, des mobilisations sociales, des expertises scientifiques ou des acteurs politiques formulent les inégalités comme des problèmes publics et posent des diagnostics. Ensuite, les inégalités font l'objet de mesures d'action publique censées les réduire ou les réguler. Enfin, elles s'inscrivent dans le cadre de pratiques d'exercice des droits sociaux. Les relations plus ou moins aisées des individus aux administrations révèlent alors une politisation concrète du rapport à l'État social.
Ces cadrages politiques des inégalités sociales introduisent une tension entre catégories normatives et pratiques, inscrites dans le rapport au Droit et aux droits. Ils donnent lieu dans cet ouvrage à des mises en perspectives sociohistoriques et des analyses empiriques. Au travers des études de cas, ce livre analyse les aspects concrets des inégalités sociales, dans leurs rapports multidimensionnels au politique.
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