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Il fallait bien y passer…, telle est la phrase qui conclut le souvenir des opérations chirurgicales qu'ont subi par le passé des générations d'enfants. Au début de ce siècle, des organes (amygdales, appendice…) sont devenus dangereux pour la croissance. Leur ablation devait, selon les médecins et les mères, débrider le corps et l'esprit enfantins. Injustifiées par la critique scientifique, ces ablations n'ont pas disparu pour autant. Quelle est donc la raison culturelle qui permet d'acclimater ces interventions ? Quelle efficacité les justifie ? L'auteur s'est patiemment mis à l'écoute d'un discours sur les temps de la vie. Celui-ci prend souvent la forme d'un savoir partagé sur les âges critiques du corps, ces moments où se joue l'identité de l'un et l'autre sexes. Dans le milieu paysan et ouvrier aquitain, ces chirurgies de l'âge s'inscrivent dans le schéma des rythmes physiologiques et contribuent à le maintenir et à le renouveler. Mais ce savoir reste l'apanage des femmes.