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Laura Lindstedt et Sinikka Vuola sont parties d'un fait divers réel, un maricide commis en Norvège en 1981, au cours duquel la Finlandaise Anja a tué d'un coup de fusil son mari Thorvald, après dix-huit ans de violences conjugales. L'accusée a été acquittée et le mari mort a été déclaré coupable par la justice. Dans ces 101 façons de tuer son mari, elles ont choisi d'utiliser 101 formes littéraires connues pour rendre compte du crime. Pour réaliser ces variations, elles ont employé des techniques de l'Oulipo et écrit certains chapitres "dans le style de", en s'inspirant notamment de Gertrude Stein, Franz Kafka, Nathalie Sarraute et François Rabelais. Les autrices ont également recouru à des imitations parodiques de diverses manières de parler, comme le "Féminisme intersectionnel" ou le "Commentaire sportif", et de parties d'ouvrage même, telles que la "Table des matières" ou les "Notes de bas de page". Les formes de la narration de 101 façons de tuer son mari, tour de force stylistique, permettent de mettre en lumière la tragédie, qui échappe ainsi à la fois à l'effacement et au voyeurisme social. Ces variations nous invitent, collectivement, à nous reposer des questions fondamentales : de quels sujets parlons-nous, et de quelle façon ? Comment la manière dont nous écrivons les modifie-t-elle ?