« Les personnages qu’on
rencontrera dans ces pages, écrit
Alain Roussel dans un texte liminaire, sont tous des somnambules soumis à
une fatalité implacable. » Ces somnambules, il ne nous faut pas longtemps
pour nous y reconnaître, nous qui nous disons libres et nous sentons nous
aussi, comme par un terrible maléfice, prisonniers des choses et de leur
ironie, comme si depuis longtemps notre vie nous avait échappé.
Dans le monde de « John Smirty »
et d’ « Auguste Létriquet », ce sont pourtant des choses bien
innocentes encore, bien loin de celles qui nous persécutent aujourd’hui… «
Il est bon de maintenir dans le déroulement des faits une dose d’incroyable qui
nous évite de devoir nous assimiler à leur sombre destin. » Face à nos
angoisses, la fiction et l’humour sont ainsi les meilleurs exorcismes.
Marquées aussi bien par les divagations
métaphysiques d’un Jorge Luis Borges que par le merveilleux quotidien des
surréalistes et l’humour fantastique d’un Marcel Aymé, les histoires conçues
par l’imagination débridée d’Alain Roussel nous entraînent dans une rêverie profonde
et espiègle où tout redevient source d’étonnement
et souvent de stupeur. « Quel être humain, aussi délirant soit-il, s’interroge
le narrateur, aurait pu imaginer une araignée à tête de bouledogue ou un
vautour avec des mâchoires de requin ? » Qui, sinon peut-être un
certain… Alain Roussel ?
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